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jeudi 17 avril 2008

Ce matin là... Télescopage entre deux mondes

(Initialement publié le 20/03/2005)
Par LILOU

Plus forte que l'accident !

Lilou - 22 ans - Honda 600 Hornet
Samedi de mars vers 11h45, temps couvert, chaussée humide
route départementale, état moyen - Ligne droite en sommet de cote
Vitesse limitée : 90 km/h


Le récit

L'année 2004 a été une année maudite pour moi. J'ai pris une suspension de permis pour excès de vitesse en janvier!!!
Suite à ça, j'ai vendu ma voiture en attendant la décision du tribunal de police ( ça va il a été sympa le juge). Puis, suite à mon audience en mars, j'apprends que j'ai le droit de reconduire incessamment sous peu. Super, je vais racheter une voiture!!!!
Donc ce fameux matin de mars, avec mon copain, et après étude de plusieurs endroits à visiter pour voir des voitures, nous prenons la moto. Je tiens à dire que l'on avait quand même hésité un petit peu à prendre la moto, car le temps était changeant. Puis hop, tellement mordus les loulous, qu'on a pris la moto, quitte à se prendre une averse, mais bon...Et on est parti avec un autre copain et sa copine, eux sur une Yamaha 600 FAZER.

Arrivés au premier carrefour, on avait le choix entre deux routes différentes, moi je voulais celle de droite, et les gars voulaient aller tout droit. bref, on est parti tout droit. On a passé le premier bled de cette longue ligne droite vallonnée, puis on en est sorti pour aller en direction du suivant.

Vous savez comme moi que les passagers, à part regarder le paysage, il n'y a pas grand chose à faire. Donc, arrivés dans un sommet de côte avant le bled suivant, je vois sur ma droite une route de campagne qui débouche sur la départementale par un " cédez le passage ". Sur cette route de campagne, un gros tracteur vert avec sa "jolie" remorque rouge derrière. Etant prioritaire sur notre voie, nous, on s'est pas inquiété, et moi j'ai continué à regarder la marche du tracteur en regardant le conducteur ( pépé de 70 ans sans permis!!!). Celui-ci, en arrivant au cédez le passage, dépasse le nez des lignes d'un bon mètre. Il regarde vite fait à sa droite, et redémarre en tournant à gauche sans regarder ce qui vient de ce côté là.

Le conducteur du tracteur est resté dans le milieu de la route, ce qui fait qu'il n'y avait aucune façon de s'en réchapper. Son tracteur prenait la largeur de la voie de gauche, et sa remorque toute la largeur de la voie de droite, c'était sans issue !
Aussitôt, en voyant le grand père s'engager, ( c'est un refus de priorité quand même) mon copain a freiné comme il a pu, mais la roue arrière s'est bloquée, et elle a décroché, nous emmenant percuter l'essieu de la remorque, et nous projetant tous les deux dans les choux.
Nos amis qui nous suivaient se sont faits percuter par le retour du choc de notre moto, et eux aussi ont fait la culbute!!

les premiers arrivés sur les lieux étaient les gendarmes qui fatalement, sans aucune conclusion et explication de notre part, ont pensé obligatoirement à "l'excès de vitesse" par excellence!!!
Ensuite les pompiers, 4 brigades en tout, on en avait chacun une pour notre service!!
Puis les médecins du smur, obligatoire du fait que mon copain avait perdu connaissance sur le choc.

Quant à moi, plus le temps passe, plus les souvenirs s'estompent, mais je garde en mémoire le bruit de la sirène au loin qui arrive, et on a l'impression que ça dure des heures et des heures,...
Ma première réaction a été de savoir où j'avais mal, une sorte d'auto bilan personnel, car je vous assure qu'entre le moment où on est éjecté, et le moment où on s'immobilise à terre, ça parait une éternité, et on se demande dans quel état on va ressortir...

Je crois que ma plus grande frayeur, c'est quand ma copine, après être venue voir si j'allais bien, est allée voir mon copain, et qu'il ne parlait plus. elle lui a parlé pendant 5 minutes, en disant :" répond moi, répond moi, je suis là, répond moi!! " et que vous n'entendez pas répondre. j'ai franchement cru qu'il était parti...
je crois que c'est ce qui m'a fait le plus mal et le plus peur, car je ne me souciais même pas de mon état, je voulais juste l'entendre parler à nouveau, puis d'un coup, un bruit, un gémissement, il a commencé à reprendre connaissance en hurlant de douleur, mais dans ma tête à moi, c'était pas grave, parce même s'il avait mal, il était LA.

Ensuite, tout c'est passé très vite. Le transfert à l'hôpital, les urgences, les lumières blanches du plafond et les radios interminables, puis l'opération et hop, fini. N'empêche que pour ceux qui ont déjà goûté à la morphine, je bénis celui qu'il l'a inventée, car c'est incroyablement efficace cette petite chose là !!! Une piqûre,et hop, la douleur disparaît, et on atterri dans un autre monde!!! Franchement bien. Bon, trêve de plaisanterie, quand même.

Bilan des courses :

1- mon copain : fracture de L1 (plaque dans le dos), fracture de la main (broche), et plaie avec arrachement sur tout le quadriceps gauche, trauma crânien
2- moi : fracture ouverte de la rotule, plus plateau tibial, trauma crânien
3- son pote : saignement au foie et la rate, sans gravité car pris en charge à temps
4- sa copine, qui elle a fait la culbute, et s'est relevée aussitôt : entorse du 4e doigt gauche

Aujourd'hui, mon copain doit encore se faire opérer, suite a sa plaie de la jambe qui ne se referme pas bien ( ça va faire presque une année!!).
Et moi je viens d'être consolidée après 11 mois d'ITT (Incapacité Temporaire Totale). actuellement j'ai plus de rotule au genou gauche et je dois vivre comme ça.
Pour nos potes, il s'en sont bien tirés car en deux mois ils ont été rétablis.

J'aurai encore tellement de choses à dire, mais bon, je préfère laisser les gens compétents (style avocat) s'occuper de ces choses là, car moi je ne serais certainement pas très diplomate avec nos amis les assureurs. Notez le bien, même en ayant aucun tort, ils ont essayé d'enfoncer mon copain sur des trucs bidon... mais bon.

A part ça, moi je ne pourrais pas dire à l'heure d'aujourd'hui comment je le vis, car je suis encore au coeur du problème. Le seul truc que je sais, c'est qu'avant cet accident j'avais comme projet de passer mon permis moto, et malgré ça, c'est une chose que je me suis promise de réaliser sur mon lit d'hosto, si j'arrivais à bien me remettre. Eh bien ce soir j'ai déposé mon dossier d'inscription à la moto école, et d'ici l'été, y 'aura une motarde en plus sur les routes!!

J'aime la moto, et c'est une chose que je ne pourrai remettre en cause, pour des bouseux de paysans qui n'ont jamais eu le permis de leur vie,et qui se croient tout permis sur leur tracteur. Seulement, je garderai peut être plus la tête sur les épaules à l'obtention de mon permis. Un motard averti en vaut deux!!

Une dent dure - Danger totalement imprévisible

(Initialement publié le 06/11/2004)
Par YoYo


Lionel alias YoYo - 37 ans - Honda 800 VFR V-tec

Un jeudi d'octobre - Nuit (22h30), chaussée sèche en bon état Département : 35 (Ille et Vilaine) route départementale, ligne droite - Vitesse limitée : 90 km/h - Retour de restau, sans alcool ;-)


Le récit

Il y a presque 2 ans, j'ai pris ma plus grosse gamelle. Un charmant paysan venait de retourner son champ avec sa herse et son tracteur. Pour rentrer chez lui, il a coupé une route de campagne sur environ 50 mètres. Là il a perdu une dent de sa herse, et l'a laissé en plein milieu de la voie. Ce charmant monsieur a tout naturellement changé sa dent en arrivant chez lui, mais n'a même pas eu la présence d'esprit d'aller voir si par hasard elle était sur la route.

Et voilà qu'YoYo rentre chez lui en sortant du resto, prends la dent sur la roue arrière, et va droit au tapis. La dent m'a ouvert le pneu et la jante.
Le bilan fut quand même un peu lourd : 4 interventions chirurgicales, 21 mois d'arrêt de travail, et un poignet bloqué avec greffe d'os et arthrodèse (immobilisation forcée et normalement, définitive, d'une articulation).

Alors juste une question, elle pouvait faire quoi ma cervelle de motard responsable ??
Mon exemple est assez représentatif, il faut arrêter de croire que l'on peut tout maîtriser sur la route. Ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c'est que ce paysan a blessé une personne, et n'a eu aucune conséquences. C'est la responsabilité civile de son exploitation qui a fonctionné, étant donné qu'il n'était plus au volant de son tracteur.


Conversation brulante - Inattention et téléphone portable

(Initialement publié le 24/10/2004)
Par YVES

Yves - 36 ans - Suzuki Van-Van RV 125
En semaine au mois de septembre - Plein jour, temps couvert, chaussée sèche en bon état Département : 92 - En agglomération - Ligne droite, vitesse limitée : 50 km/h - Motif du déplacement : Travail


Le Récit

Je suis "motard" depuis bientôt 2 ans (en 125 et en 650 depuis mai) en région parisienne.
Il y a 4 semaines, je suis tombé en 125 à cause d'un automobiliste qui a subitement fait demi-tour alors que j'arrivais à sa hauteur ... Il ne m'avait pas vu : il était au téléphone GSM (sans kit main libre bien entendu).
Je n'allais pas vite, et je ne l'ai donc même pas touché, mais mon freinage d'urgence ayant bloqué la roue avant, je suis tombé. La moto n'a rien si ce n'est une légère éraflure sur le chrome du clignotant arrière gauche ... et je m'en tire ... avec une brûlure au second degré profond au niveau du genou droit : j'ai en effet "accompagné" la chute de ma 125, mais ça m'a mis en contact avec le pot d'échappement en sortie de moteur pendant 1 seconde, ce qui a suffit pour me brûler à travers mon pantalon en coton.
Pas trop de bobo donc, et je suis reparti sur ma moto en maudissant les utilisateurs de portables, et en soignant toujours, depuis 4 semaines, cette brûlure qui fini enfin par cicatriser et à être un peu moins douloureuse !


Brutale fin de journée

(Initialement publié le 13/07/2004)
Par KRISTOF

Kristof - 24 ans - Yamaha 125 TW
En semaine au mois de Mars - Crépuscule
Temps couvert, chaussée sèche en bon état
Département : 44, en agglomération - En ligne droite - Vitesse limitée : 50 km/h


Le récit


Je rentrais du travail vers 20 h quand, en sortant d'un rond-point et en m'engageant dans la ligne droite qui suit, je remarque une voiture arrêtée sur l'autre voie. En arrivant à sa hauteur je ralentis légèrement (dans le doute), 50, 45 km/h, quand celle-ci coupe brutalement la chaussée pour aller se garer sur un parking situé de mon côté de la route et juste au moment où je passais.
Je signale que mes feux étaient correctement allumés.
L'avant de la voiture me percuta en pleine accélération sur le côté gauche de ma moto.

Résultat, beau salto par-dessus la voiture et gros bobo à ma jambe gauche, multiples entorses.

Une si belle journée hivernale. Automobiliste étourdi

(Initialement publié le 12/07/2004)
Par PETITJEAN

PetitJean - 40 ans - BMW R 1150 GS (neuve)
Un week-end de novembre - Plein jour, soleil et chaussée sèche
Département : 49 (Maine et Loire), route départementale
Intersection en T Vitesse limitée : 50 km/h


Le récit
J'abordais l'intersection, j'allais en face de moi dans une intersection en T, la super 5 en face de moi a tourné sur sa gauche. Moment d'inattention du conducteur de la Renault, pas d'alcool, pas d'excès de vitesse. Je me trouvais à moins de 5 kms de mon domicile, mon véhicule était neuf de la veille au soir, 125 km au compteur au moment de l'accident.
Je pilote des motos depuis 24 ans, dont des BMW GS depuis 1983. En tant qu'enseignant de conduite je maîtrise le freinage d'urgence et l'évitement.
Le point d'impact de ma moto a été la roue avant sur l'aile avant gauche de la super 5. La colonne de direction de la moto a fait office d'axe de rotation, après pivotement, j'ai percuté le véhicule avec le côté gauche sur le côté droit du véhicule R 5.
Résultat : R 5 : épave ; BMW R 1150 GS : épave. Pilote de la moto : traumatisme crânien, cage thoracique enfoncée, 4 vertèbres de fracturées, fracture du fémur gauche, plus contusions diverses. Intubé et perfusé sur place, 10 jours de réanimation, un mois d'hôpital, 2 interventions chirurgicales, 22 mois d'arrêt maladie, 150 séances de kinésithérapie en balnéothérapie, séances d'orthophonie. Conséquence reconnue : travailleur handicapé catégorie C, carrière professionnelle de moniteur poids lourds irréalisable cause perte des permis poids lourds (hemaniopsie).

Une vie à reconstruire, familiale, physique, professionnelle, mais toujours motard dans l'âme et dans l'action.

La loi du plus fort : le shérif

(Initialement publié le 28/02/2005)
Par PHILIPPE

Philippe - 36 ans - Suzuki 125 AN (scooter)

Semaine en décembre - Lever du jour, chaussée sèche en bon état

Département : 44 (Loire-Atlantique) - Courbe sur la droite - Vitesse limitée : 80 km/h


Le récit

Je roulais alors en scooter 125. Un matin en allant au boulot, on roulais en file continue à environ de 70km/h.
Bien sage dans la file,roulant sur la droite de la chaussée, j'ai été surpris d'apercevoir dans mon rétro la voiture qui me suivait monter à ma hauteur... pour se rabattre volontairement sur moi! Sans réaction rapide de ma part, sa manoeuvre ne pouvais que me faire aller au tas! Je m'en suis sorti grâce à un bon coup de frein. La voiture en question s'est arrêtée 500m plus loin: elle avait atteint sa destination ! Je me suis arrêté aussi... pas pu résister...

En fait, ce conducteur modèle avait considéré que je devais, en tant que scooter, utiliser la piste cyclable! A cet endroit, il existe effectivement un piste cyclable séparée de la route par un fossé et une haie. Particularité : elle est obligatoire aux cycles et mobylettes. Pour lui, un scoot 50 80, 125 (ou autre ?), c'est une mob, point barre ! Il doit donc rouler sur la piste cyclable! Rien à faire sur SA route ! Il m'a donc tout naturellement dégagé !

Impossible de lui faire entendre raison et j'ai vu le moment où cet énergumène allait me cogner dessus!!! Sur le moment, je me suis dit que quand la connerie dépasse un certain niveau, on en prend sa part et on la laisse passer. Maintenant, je regrette de n'avoir pas porté plainte contre lui histoire d'éviter qu'il ne tue quelqu'un... mais bon, sur le moment, l'idée n'est pas venue.

Jeu de C... Course-poursuite sous contrainte

(Initialement publié le 24/10/2004)

Par VINCENT

Vincent - 20 ans - Honda CB 500 Street Bike

Week-end en janvier - Plein jour, temps couvert, chaussée sèche en bon état
Département : 44 (Loire-Atlantique) - 2 x 2 voies, ligne droite, courbe à droite, puis à gauche - Vitesse limitée : 110 km/h


Le récit

J'effectue une course urgente sur la 4 voies qui relie Nantes à Saint-Nazaire, dans la direction de Nantes.
Une voiture me colle au train (moins de 2 mètres entre son pare-choc et ma roue arrière) alors que je roule déjà à 130 km/h.
Appel de phare, la voiture me double et les passagers me font des bras d'honneur. Elle se rabat et freine. Je m'apprête à la redoubler mais elle se met devant moi. J'arrive à la doubler, mais elle ré-accélère et me recolle au train.
Tout ce cinéma s'est répété sur plusieurs kilomètres, jusqu'à une ce que l'automobile me fasse une magistrale queue de poisson, qui à failli me mettre au tas.
Me retrouvant devant, je prends la première sortie et je m'arrête sur le bord de la route près d'un rond-point. Le fêlé me suis et a traversé le rond-point sans même regarder, manquant de provoquer un accident.
Bref, un taré !

Note :
Le but du " jeu " du conducteur de la voiture paraît être d'obliger le pilote de la moto à faire la course avec lui. Il semble qu'un certain nombre de motards se soient retrouvés dans cette délicate situation. Sur route, il n'est pas facile de se débarrasser de la voiture, d'autant qu'il est aussi dangereux d'être devant que derrière celle-ci.

Le souffle de la mort

(Initialement publié le 12/07/2004)

Dépassement optimiste : tout faux Monsieur l'automobiliste

Gilles - Suzuki 650 "Freewind"
En semaine au mois d'août - Plein jour, soleil, chaussée sèche en bon état
Département : 03 - Nationale (étroite) - Ligne droite, vitesse limitée : 90 km/h


Le récit

Je roulais à 90 km/h sur une longue ligne droite qui traversait une forêt. La route était en bon état mais étroite pour une nationale ; la circulation était fluide dans mon sens de circulation, mais dense avec de nombreux camions en sens inverse. Je vis une voiture, dans le sens inverse, doubler un camion et très vite je me rends compte qu'elle ne pourrait pas terminer son dépassement avant de me croiser.
C'est incroyable le nombre de pensées que l'on peut avoir en une fraction de seconde dans une situation d'urgence !

J'examinais " posément " la situation.
Première éventualité, le freinage d'urgence. Rejetée ! j'aurais été percuté avant même l'arrêt de ma machine.
Deuxième possibilité, mordre sur le bas côté. Impossible, le bas côté avant le fossé était très étroit et la terre meuble. Chute assurée si je mordais dessus.
Troisième solution, à la kamikaze : plonger dans le fossé et bloquer les freins. Non retenue, car si le fossé était large et relativement peu profond, il était parsemé de grosses pierres et de souches d'arbres.
Donc, je donnai un coup de frein appuyé mais sans plus, qui a du faire baisser ma vitesse à 70 km/h (ma pensée était que ce serait toujours ça de gagné). Je rentrai une vitesse en accélérant légèrement pour garder de la motricité, positionnai ma roue sur l'extrême limite du bitume et fixai mon regard le plus loin possible sur le bord droit de la chaussée. Le plus dur restant à faire : ne pas dévier mon regard vers la voiture qui devait être toute proche, pendant une seconde, qui m'a parue une petite éternité. J'ai senti le souffle de la voiture et je ne saurai jamais combien de centimètres nous séparaient au moment du croisement !

Ensuite, je me suis arrêté à la première entrée de chemin forestier et je me suis assis au pied d'un arbre pendant un bon quart d'heure. Et en attendant que mon cœur reprenne un rythme de croisière, je pensai au bonheur que j'aurais de retrouver ma femme et mes enfants.

J'ai eu la chance que cet incident soit survenu à un moment où j'étais en pleine possession de mes moyens. Je ne peux pas être certain que demain, devant la même situation, je pourrais réagir avec autant de calme.

Gilles

dimanche 13 avril 2008

Sueur froide au soleil

(Initialement publié le 13/07/2004)

Gilles – Suzuki 750 GSX “Inazuma”
Semaine en août - Plein jour, soleil, chaussée sèche en bon état

Département : 38 (Isère) - 2 x 2
voies, ligne droite - Vitesse limitée : 90 km/h

Le récit

Je traversais la ville de Vienne dans la direction de Lyon. Sur la voie de droite les véhicules se suivaient à distance rapprochée et à une vitesse de 70 km/h. Je pris donc la voie de gauche mais ne connaissant pas cette route et comme la circulation était très dense, je doublais à allure prudente (80 km/h).

Machinalement je jette un coup d’œil sur mon rétro de gauche et je vois un petit camion se rapprocher de moi à très vive allure. Ce camion, je l’avais doublé très peu de temps auparavant, il roulait sur la voie de droite tout à fait normalement.

Je saisis immédiatement le danger et j’accélère à fond. Mais comme j’étais en 6 ème à bas régime, ma puissance ne me permettait pas une accélération suffisante. Nouveau coup d’œil au rétro et sans mon casque, mes cheveux se seraient dressés sur ma tête. Le camion prenait tout le rétro et était sur le point de me percuter. Ceux qui ont vu le film duel (un camion fou qui cherche à tuer un automobiliste) comprendront, il y a exactement la même scène.

J’ai fait la seule chose qui me paraissait possible, j’étais à 90 km/h environ et j’ai serré l’automobile qui se trouvait à ma droite. J’ai freiné pour me maintenir à la hauteur de la voiture, la vitre du conducteur était ouverte et j’aurais pu lui chatouiller le nez en tendant le bras. Une fraction de seconde plus tard, le camion m’a doublé à quelques centimètres, j’évaluai sa vitesse à 110 km/h environ. Toute cette scène a duré quelques secondes seulement.

Après m’avoir doublé, le camion à immédiatement ralenti, mis son clignotant et s’est réinséré dans la voie de droite en reprenant son allure initiale.

J’ai aussitôt rattrapé le camion et j’ai essayé d’y voir une marque particulière, mais il n’y avait aucune inscription. Apparemment il était neuf, sortant d’usine. Je me suis porté à la hauteur du conducteur en lui faisant signe de s’arrêter. Le conducteur, 35 ans environ, a jeté un coup d’œil négligeant dans ma direction, le visage absolument impassible et détendu. Après avoir rejoint l’autoroute il a bifurqué vers Lyon, moi je continuais vers St Etienne, je ne pouvais parcourir qu’une cinquantaine de kilomètres avant la réserve. Je l’ai laissé partir en me jurant de ne plus faire de promenade à moto sans une musette garnie de grenades incendiaires.

Je suis tombé sur un psychopathe, il a tenté sciemment de me tuer. Il ne pouvait pas ne pas me voir : j’étais devant ses roues. Il n’aurait pas pu freiner au dernier moment : il était à moins de 10 mètres de moi et roulait à 20 ou 30 km/h plus vite.

Au cas où il m’aurait percuté, ce qui se serait produit si je n’avais pas machinalement jeté un coup d’œil dans mon rétro, il ne se serait certainement pas arrêté. Au cas, improbable où son numéro d’immatriculation aurait été relevé, il avait la ressource de prétendre n’avoir rien remarqué et que je m’étais sans doute jeté sous ses roues en voulant doublé imprudemment. Il n’avait donc que très peu de risques d’être mis en cause.