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mercredi 21 mai 2008

Accidents médiatiques – Accidents anonymes – Et la Justice ?

Villiers le Bel

Le dimanche 25 novembre 2007, deux adolescents de 15 et 16 ans, circulant sur une moto non homologuée, sur la commune de Villiers Le Bel, trouvaient la mort dans une collision avec une voiture de police. Les émeutes qui suivirent cet accident sont dans toutes les mémoires.

Nous devions apprendre rapidement que les jeunes circulaient sur une mini-moto (en fait, une Kawasaki KX 80, semblerait-il), et que le véhicule était volé, ce qui était faux.

L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) écarte rapidement la responsabilité des policiers, en affirmant que la voiture de police circulait au pas, et que les importants dommages constatés sur le véhicule de police s’expliquaient par des dégradations à coup de barres de fer, commises après l’accident.

J’ai beau être d’un naturel circonspect, interrogé sur France-Inter, je réfutais ces deux affirmations. L’IGPN devait me donner raison en revenant sur leurs déclarations. Actuellement leur version est une vitesse d’environ 40 km/h pour la voiture de police (ce qui paraît être un strict minimum), et de 70 km/h pour la Kawasaki (ce qui me semble une vitesse très élevée).

A ce jour, plus de nouvelle, l’enquête se poursuit lentement…


Vienne

Le vendredi 18 avril 2008, un camion coupait la route de deux motards à Vienne (38). Le chauffeur du poids lourd effectuait une manœuvre interdite, et avait un taux d’alcoolémie de 0,42 mg par litre d'air expiré au lieu de 0,25 (équivalent à 0,84 g d’alcool par litre de sang, au lieu de 0,5). Les deux motocyclistes étaient deux jeunes policiers, se rendant à leur travail.

Le jour même, François Fillon, premier ministre, a fait part de sa « solidarité » et de sa « sympathie » envers la police, et a « assuré l'ensemble des forces de sécurité de sa détermination à lutter contre le fléau de l'alcool au volant ». L’après-midi c’est au tour de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, qui rencontre les familles et les collègues des deux victimes au commissariat de Vénissieux. Elle déclare : « L'origine de ce drame prouve la légitimité de notre lutte contre l'alcoolisme ». A noter que rien ne prouve que le chauffeur incriminé soit alcoolique.

Dans un premier temps, Franck Rastoul procureur de la République de Vienne, avait déclaré : « Le secteur est limité à 50 km/h, mais en voyant l'état du camion et de la moto, on peut penser objectivement que la moto ne roulait pas à 50 km/h, mais je n'ai pas d'éléments objectifs techniques pour le dire » (Le point.fr). Il a également indiqué que des expertises étaient en cours, en précisant que : « Il n'est pas certain que l'on puisse déterminer à coup sûr la vitesse de la moto et en tout cas cela peut prendre beaucoup de temps ».

Probablement sous la pression de ces hautes interventions politiques, en se fondant sur un témoignage qui semble douteux, il déclarait ensuite que le respect de la vitesse limite (50 km/h) était un fait établi.

Selon une procédure accélérée que je n’ai jamais rencontrée dans un autre accident de moto, le chauffeur était jugé dès le lundi suivant, soit le premier jour ouvrable après l’accident.

Le procureur Franck Rastoul, a requis six ans de prison dont deux avec sursis et une interdiction définitive d'exercer sa profession en dénonçant des faits d'une « gravité absolue » et une « irresponsabilité totale » de la part du prévenu.

Le chauffeur a été condamné à 5 ans de prison, dont deux ans ferme, et à une annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant trois ans.
Le procureur insatisfait a déclaré qu’il comptait faire appel.


Les anonymes

Un jugement récent. Un automobiliste avec une alcoolémie de 2,05 g/l, refuse la priorité à une moto. Le jeune couple, pilote et passagère de la moto sont tués. L’automobiliste, un retraité, a été condamné à 1 an de prison ferme et à l'annulation de son permis avec interdiction de le repasser pendant 5 ans.

Dans un autre accident, un chauffeur poids lourd, probablement sous l’influence du cannabis, a coupé la route à une moto lors d’une manœuvre de tourne à gauche, hors agglomération. Là aussi le jeune couple de motocyclistes est décédé. Après deux ans et demi de procédure, et malgré les obstacles dressés par des gendarmes, le père du motocycliste, avec un courage obstiné, a obtenu la reconnaissance que son fils n’avait pas commis de faute. Le chauffeur routier a été condamné à une peine exceptionnellement lourde : 3 ans de prison dont 18 mois ferme.

Un autre accident identique : manœuvre de tourne à gauche d’un poids lourd en agglomération, (conducteur peut-être sous l’influence du cannabis). Le motocycliste percute la remorque et décède. Sur la foi de trois témoignages indirects (aucun témoin n’a assisté à l’accident), le procureur classe l’affaire sans suite pour vitesse excessive de la moto. La famille du motard poursuit actuellement la procédure.

Encore un autre accident similaire, mais hors agglomération. Manœuvre de tourne à gauche d’un poids lourd. Décès du motocycliste arrivant en face, malgré une tentative d’évitement. Là aussi le procureur classe sans suite, en se fiant à une « expertise » dont la simple lecture atteste d’un réel manque de sérieux. Et là encore, la famille se bat courageusement pour que la vérité soit reconnue.


Commentaires

Concernant l’accident de Villiers le Bel, avant de déterminer des responsabilités à l’accident, il faudrait connaitre et étudier les circonstances de ce drame. Donc je suis dans l’incapacité d’émettre un quelconque avis sur ces responsabilités.

Pour l’accident de Vienne, même sans tenir compte de la manœuvre interdite et de l’alcoolémie, et quelque soit la vitesse de la moto, le conducteur du poids lourd aurait du percevoir l’arrivée de la moto (accident de nuit et apparemment en ligne droite). Aussi ma commisération se porte, sans la moindre retenu vers le pilote et le passager de la moto.

Cependant, il me semble difficile de considérer que le chauffeur du poids lourd ait réellement été jugé avec équité. Les circonstances de l’accident semblent nettement plus complexe que ce que l’on a bien voulu nous dire.

Dès le jour de l’accident, la plupart des médias, sans aucune réserve, avait déclaré coupable le conducteur.
Les propos du ministre de l’intérieur étaient un message clair tant vis-à-vis de l’opinion que des magistrats.
Le procureur l’a parfaitement compris, en proférant des propos qui n’auraient jamais été tenus si les motocyclistes avaient été de simples salariés.
Le juge, même si il a modéré son jugement par rapport aux réquisitions, a refusé d’entendre l’unique témoin. Tout cela semble avoir ébranlé les journalistes, qui, au ton des articles, se demandent si un jugement éclair, sans chercher à connaître toutes les circonstances de l’accident, est réellement équitable.


Egalité et Vérité

Juxtaposer ces différents drames permet de tirer deux conclusions.

La première : si des policiers sont en cause dans un accident, tout sera fait pour préserver le dogme comme quoi un fonctionnaire n'est pas un homme comme les autres : il ne peut commettre ni faute, ni erreur.

Une communication basée sur des « erreurs » comme dans l’accident de Villiers le Bel, ou une justice expéditive, comme dans l’accident de Vienne, est contre-productive. Cela accrédite le fait qu’il existe une justice à deux vitesses. Cela ternit autant l’image de la justice, que celle des forces de l’ordre.

La seconde, est que lorsqu’un motard est tué, si celui-ci ne fait pas partie d’une « profession protégée », il sera souvent présumé coupable d’excès de vitesse.

Les motards accidentés, les familles de motards décédés, demandent qu’un coupable soit sanctionné. Ils demandent réparation de leur préjudice.
Mais avant toute chose, ils exigent de connaître la vérité, ou tout au moins que celle-ci soit recherchée, sans préjugé, et que chacun soit traité également, et équitablement.

C’est le devoir et l’honneur de la justice.


Gilles
Expert privé

dimanche 4 mai 2008

Epilogue sur les IDSR

Cela fait presque 4 ans que les Inspecteurs Départementaux de Sécurité Routière ont été assassinés d'un coup de couteau dans le dos par l'ex-ministre de Robien.
Les Inspecteurs qui étudiaient des accidents, ont été remplacés par des "intervenants" qui dispensent la bonne parole gouvernementale, selon le bon vouloir du préfêt.
Maintenant, nous avons le recul nécessaire pour constater que les "maisons de la sécurité routière", et les enquêtes effectuées par des "experts", n'ont quasiment pas vu le jour.

Quelques voix se font entendre pour demander un retour des IDSR, tels qu'ils travaillaient à l'époque.
Maintenant que de Robien n'est plus ministre, et a même été proprement éjecté de sa mairie d'Amiens, peut-on espérer le retour d'initiatives permettant aux citoyens de se réapproprier l'étude de nos problèmes ? Je reste dubitatif...

Gilles
ex-IDSR

mercredi 16 avril 2008

Réponse à un article "fumeux"

(Initialement publié le 20/08/2006 - Maj en fin d'article)

Lu dans la rubrique "point de vue" du Ouest France du 12/08/06.
Ecrit par Michel GODET, professeur au conservatoire national des arts et métiers, auteur du CHOC de 2006. Edition Odile Jacob.

"LE POUVOIR, LE MOTARD et le FUMEUR".

Le gouvernement a renoncé à interdire le tabac dans les lieux publics et de travail, une réforme pourtant attendue par 80 % des Français et qui a été réalisée avec succès dans l'Irlande des Pubs, et même en Italie. "Le tabac tue", mais on a cédé devant le lobby des buralistes et, dans les bars comme dans les cafés, il est encore difficile d'échapper à ce poison. Plus de 40000 décès par an (cancers du poumon notamment) sont directement liés au tabac. Il y a pourtant, parmi les non-fumeurs, 3 000 morts par an victimes du tabac des autres (soit plus de la moitié des morts par accident de la route). En renonçant à l'intérêt général au profit des minorités, le pouvoir trahit la démocratie. On objectera que la main de fer sur la sécurité routière a porté ses fruits, mais la répression a concerné d'abord les automobilistes isolés, guère les poids-lourds et encore moins les motards. Pourtant ces derniers avec 1% de la circulation représentent 10% des morts sur les routes. Mais rien n'est fait pour contrôler leur vitesse, les radars étant impuissants. Pour les motards, donnons une solution simple pour les ramener au droit commun : imposer, comme c'est le cas en Colombie pour les policiers et les motards, le port d'un dossard où les numéros d'immatriculation sont écrits, à l'avant comme à l'arrière, en gros caractères fluorescents. Ces derniers mois j'ai lancé l'idée auprès des parlementaires et ministres que j'ai rencontré, aucun n'a saisi la balle au bond. L'un deux m'a seulement déclaré qu'il ne fallait pas compter sur lui pour prendre le risque de mécontenter et mettre dans la rue les motards !


REPONSE :

Monsieur,

J'ai lu avec intérêt votre " point de vue " concernant le tabac et les motards (Ouest-France du 12/08/2006).
Concernant les motards, vous dites : " rien n'est fait pour contrôler leur vitesse, les radars étant impuissants ". En effet, comme la plupart des radars flashent dorénavant par l'arrière, pourquoi ne proposez-vous pas la pose d'une plaque minéralogique à l'arrière des motos ? Vous seriez novateur !

Vous laissez entendre que tous les motards tués le sont parce qu'ils ne respectent pas les limitations de vitesse. Vous avez raison, il est temps de dénoncer les mensonges des compagnies d'assurances qui prétendent que 70 à 75 % des motards accidentés ne sont pas dans leur tort. Alors qu'il est évident que ces compagnies ne recueillent de modestes primes d'assurances, uniquement pour avoir le plaisir de gaspiller d'énormes sommes en remboursement des préjudices des accidents, causés par ces mêmes motards. Cette philanthropie est inacceptable dans la société au service de l'économie, que vous prônez.

Vous rappelez également, et à juste titre, que la démocratie, c'est l'intérêt général contre les intérêts particuliers. Et vous citez comme exemple un état, parangon de démocratie : la Colombie. Il est heureux pour la démocratie d'avoir des " leaders d'opinions ", des gens probes et éclairés tels que vous, pour désigner au peuple quelles sont ces minorités ennemies, qui doivent être combattues sans faiblesse.

Donc, en tant que motard, je souscris totalement à votre idée de dossard, mais comme je suis également fumeur, je pense rajouter une tête de mort fumant une cigarette, afin de prévenir les non fumeurs.
Je dois malheureusement reconnaitre que je fais partie également d'autres minorités que vous pourriez juger " à risques ". Ainsi, je suis jeune, noir, juif (quoique récemment converti à l'islam le plus extrême), et homosexuel. Je suis né dans une banlieue défavorisée, et je ne refuse jamais une petite dose d'opium au petit déjeuner, tout en écoutant du black métal à tendance sataniste.

Aussi j'ai peur que mon dossard ne devienne peu lisible. Mais peut-être avez-vous une solution pour mon cas ?

Avec mes salutations.

Gilles
Expert en accidents des deux-roues motorisés

P.S. J'avais songé à transmettre votre " point de vue " à des familles dont l'enfant, motard, a été tué par l'imprudence d'un autre véhicule. A la réflexion, vos propos sont d'une telle inconséquence, que je ne pense pas a propos de raviver leurs douleurs.


Note :
Même si se sont les motards qui sont visés par cet article, celui-ci soulève un problème de société plus vaste et inquiétant. Des personnes se présentant comme membres de " l'élite " intellectuelle cherchent à instiller la peur, et désignent un groupe comme présentant un danger pour la majorité de la population. Ils assènent des affirmations présentées comme authentifiées, soit par leurs connaissances présumées, soit par des études " scientifiques ", dont on ignore autant la méthodologie que le financement. Il est ensuite facile d'exiger des mesures répressives et/ou discriminatoires, au nom de la majorité et de la démocratie.
Si nous motards, qui avons été particulièrement été visés par ce type de désinformation, pouvons faire le tri dans le domaine que nous maîtrisons, il n'en est pas de même pour de multiples autres problèmes de société.
Donc soyons vigilants et restons sceptiques, et même si ce n'est pas toujours possible, essayons de voir les choses par nous mêmes.

Gilles

Note du 16/04/2006

Bien entendu, je n'ai reçu aucune réponse de cet individu.
Cependant, les idées de Michel Godet, progressent, que ce soit sur l'interdiction du tabac, ou la baisse des impôts pour les plus riches. Preuve : la Ligue Contre la Violence Routière arbore dans les réunions le fameux dossard Colombien !

Propagande de Robien, colère de motard

(Initialement publié le 20/03/2005)

Quelques propos visqueux et méprisants

Le ministre de Robien et son séide Rémy Heitz, dialoguaient en direct avec des internautes le 22 février 2005, sur le sujet de la sécurité routière, en général.
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/securite_routiere_gilles_robien_52349.html

Rien de bien passionnant dans ce discours lénifiant à base de " soyons raisonnables " et de langue de bois.
J'ai quand même relevé quelques phrases qui m'ont particulièrement hérissé.

Question : " A quand la taxe sur les 4x4 les plus polluants ? "
Réponse de Robien :
" C'est toujours attrayant de taxer et de créer des impôts nouveaux pour régler les problèmes ".
Ca c'est le moins qu'il puisse dire. Le porte-monnaie de très nombreux usagers a effectivement été allégé grâce à de Robien.
" Or, ce n'est pas parce qu'on est 4x4 qu'on est plus polluant que d'autres voitures qui peuvent avoir des émissions de CO2 plus importantes que certains 4x4 ".
Voyons, ce n'est pas ce même de Robien qui soutenait l'idée d'un bonus-malus anti 4x4 au printemps 2004 ?
L'image d'un ministre courageux et droit dans ses bottes, va s'en trouver sérieusement écornée.

de Robien :
" Je suis effectivement motard avec une petite moto de 125 cm3. […] ".
de Robien ayant laissé dire de nombreuses gentillesses sur les motards (asociaux, irresponsables, drogués…), à sa place j'éviterais de me coller l'étiquette de " motard ".
" Je trouve normal, sur la route, d'avoir à la fois son feu de croisement allumé et que les voitures l'aient aussi. En tant que motard, je vois maintenant beaucoup mieux les véhicules à quatre roues ".
Personnellement, je ne me suis jamais fait surprendre par une automobile que je n'aurais pas vue. de Robien fait probablement partie des 30% de conducteurs qui ont un défaut visuel non corrigé (chiffre de l'ASNAV, Association Nationale pour l'amélioration de la vue).
" Les motards souhaitent une baisse de la TVA sur les casques. Je trouve que c'est une mesure dérisoire par rapport à l'hécatombe des deux-roues ".
Pour de Robien il y a les mesures utiles et de bon sens comme de placer des radars aux endroits rentables et non dangereux. Et il y a les mesures " dérisoires ", celles qui coûteraient une poignée d'euros aux caisses de l'état.
Je retiens surtout le mépris de ce grand bourgeois envers les citoyens " d'en bas ".
Soixante euros de TVA sur un casque, c'est effectivement " dérisoire " pour les revenus d'un ministre.
Pour moi, c'est la possibilité d'acheter en plus une bonne paire de gants de protection.

de Robien :
" La hauteur des sanctions dépend de la gravité de la faute ".
Heitz :
" Parmi les facteurs les plus graves d'accidents, il y a la vitesse (1 accident mortel sur 2), l'alcool (1 accident mortel sur 3), et le non port de ceinture (1 accident mortel sur 5). Il y a bien sur d'autres infractions, mais il faut cibler l'effort des forces de l'ordre sur ce qui permet d'éviter le plus d'accidents ".
C'est logique et surtout pratique. Vitesse alcool et ceinture de sécurité sont les trois infractions les plus faciles à sanctionner et donc les plus rentables financièrement pour l'état. Il est donc " utile " de les considérer comme les plus graves et les plus fréquentes.
Quant aux autres infractions, elles sont difficiles ou impossibles à sanctionner, donc non-rentables, donc on n'en parle pas.
Citons quelques infractions " mineures " délaissées par Rémy Heitz :
Fatigue (première cause d'accident en Grande Bretagne), dépassement dangereux, non respect des distances de sécurité, infrastructures dangereuses ou inadaptées (en cause dans 30% des accidents), refus de priorité (principale infraction dont sont victimes les pilotes de 2-roues), stop ou feux grillés, drogues et médicaments , téléphone portables, absence de clignotant, mauvaise vue, etc…

Une des conclusions du rapport MAIDS (Motorcycle Accident in Depth Study), indique :
" Parmi les principales causes d'accidents, plus de 70 % des conducteurs d'autres véhicules ayant commis une erreur humaine n'ont pas détecté la présence du deux-roues à moteur ". " en raison d'un moment d'inattention, d'une obstruction temporaire du champ de vision ou de la faible visibilité du deux-roues ".

Cette erreur humaine tue chaque année des centaines de nos copains.
Il y a urgence à réformer le permis de conduire et à lancer des campagnes de sensibilisation.
Et que fait le ministre ? Une propagande noire visant à accréditer l'idée que tous les pilotes de 2-roues motorisés sont responsables de leur accident en raison de leur inconséquence.

Est-ce là, une attitude digne et responsable, telle qu'on l'attend d'un ministre?

Gilles

M 6 - Réponse à l'émission du 10 octobre 2004

Article par Ph. Deruffe (Initialement publié le 03/11/2004)

Zone Interdite : Outing de 3 personnalités françaises qui se déclarent ouvertement anti-motards le dimanche 10 octobre 2004 sur l'émission de M6.


C'est au véritable démarrage de la constitution d'une liste officielle des personnalités françaises se déclarant anti-moto et anti - 2 roues qui a commencé le dimanche 10 octobre 2004 au cours de l'émission " Zone Interdite " de M 6

Par ordre alphabétique, les trois premiers sont Philippe Denormandie (chirurgien), Gilles de Robien (ministre), Bernard de la Villardière (présentateur) : ils se sont ouvertement déclarés contre les motards et autres conducteurs de deux-roues.

Qu'ils soient assis dans un fauteuil les autorise à parler de quelque chose qu'ils ne connaissent pas, du courage qu'ils n'ont pas : au quotidien, ils préfèrent conduire dans un fauteuil et dans un confort matériel moral et intellectuel qu'ils semblent tenir depuis leur naissance.
Leur seul mode de vie c'est le moi d'abord, le toujours plus pour moi, et le je ne comprends pas celui qui pense ou agit différemment de moi : à l'image de la voiture, ils sont coincés dans leur bulle avec climatisation et musique.

De culs assis, veulent-ils aujourd'hui devenir les vrais culs rassis de notre société, de ceux qui la bloquent de tous les côtés avec de tels raisonnements : s'il y a du chômage, c'est à cause des chômeurs, etc…
Quand ils étaient jeunes, mais de quoi rêvaient-ils hormis de stéréotypes et autres modèles sociétaux !…
Leur parcours toujours protégé ne leur a pas appris à connaître le courage et la prudence dont le 2 roues doit faire preuve tous les jours face aux comportements des populations à 4 roues.
D'ailleurs, même un vieux motard de 55 ans a été effaré que des hommes par ailleurs fort respectables et propres sur eux puissent tenir de tels propos sans s'apercevoir du tas de conneries débitées à la minute.

Ils reflétaient bien ce que pensent eux et leurs voisins de classe à grosses berlines : et c'est dommage car sans recul aucun ils ne disaient que des insanités qu'on n'ose même plus tenir au café du commerce où les petits font preuve de plus de compréhension et de plus de connaissance de la vie.
Ces hommes qui ont tout pour eux, la réussite, la reconnaissance de leurs pairs, et tout le confort matériel qui va avec, sont tombés dans la ouate du mépris, et dans le plus facile : celui du jeune et du motard.

Chacun a pu souffrir de voir ces hommes , véritables démonstrations vivantes de la chance et du talent pour être aux postes qu'ils occupent, évacuer d'un revers de manche le monde de la moto et le poser en ennemi de la raison dont l'automobile serait le seul garant.
Comme s'ils étaient jaloux de la liberté et du courage, comme si leurs belles voitures ne les rendaient pas vraiment heureux.
Que le médecin réparateur en ait marre des dégâts de la véritable hécatombe que constitue la circulation routière en France, on le comprends. Mais d'habitude sa pratique nécessite qu'il sache faire la différence entre la cause et le symptôme.
Les blessés qui lui arrivent sont souvent les plus faibles ou les plus malchanceux. Et ce ne sont pas ceux à qui ils faut s'en prendre.
Nous vivons dans un monde de liberté où chacun selon ses moyens peut choisir son mode de locomotion, sans avoir à supporter d'anathème sur son choix. Sinon, chacun pourrait en rapporter de belles à ces messieurs sur les comportements très répréhensibles et très médiocres des grands bourgeois en grosses berlines, voire en 4X4, en ville comme sur l'autoroute.
Mais ceux-là seront toujours protégés, n'est-il pas vrai ?

L'automobiliste moyen est gentil avec les motards : il tourne son volant à l'arrêt dans la file où serre à la corde dans la courbe pour laisser passer le motard. Dans la très grande majorité des situations la courtoisie arrange tout et facilite le quotidien de chacun comme l'écoulement du trafic.
Et l'automobiliste moyen, le même qui l'a laissé passer envie le motard car sa moto représente la liberté et le plaisir et un peu plus d'accélération : cela s'appelle le rapport poids puissance !…
Et il y a ces grands bourgeois qui rêvent de mettre du plomb sous nos selles comme pour les chevaux de course pour qu'en moto on n'aille pas plus vite qu'eux !…
Eh oui messieurs, soyez jaloux : la moto c'est la Ferrari du pauvre mais lui au moins il l'a et il en profite !

Et votre vieux rêve d'une France de moutons gris raisonnables à s'ennuyer ressemble à celle de très vieux messieurs qui ne peuvent plus rien faire et qui ont oublié les enfants et les jeunes qu'ils ont été.

A vous messieurs, les propos que vous avez tenus ont du faire du bien à la vésicule, mais ils n'ont pas fait de vous des modèles. Loin s'en faut.
Qu'avez vous fait de vos 20 ans mais aussi de vos responsabilités sociales qui exigent de vous dans les médias un autre comportement : vous n'avez fait que reprocher aux motards ce que l'on peut reprocher à la totalité du contenu de l'émission à laquelle vous avez participé. Heureusement que chaque jour les automobilistes et les motards n'ont pas votre comportement ; Car, là, ce serait la pire des hécatombes, et sans pitié.
Le petit peuple des motards attend vos excuses .

Ph.DERUFFE, citoyen motard
phderuffe@oreka.com

Allumage des feux de jour et environnement

Article par Joseph (Initialement publié le 14/10/2004)

Conséquences environnementales et médicales de l'expérimentation de Robien concernant les feux de jour.



En termes de pollution atmosphérique et de conséquence sur l'effet de serre :

- L'A.D.E.M.E (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) estime à environ 0.5% la surconsommation générée par la mesure.
- Les constructeurs estiment à plus de 2% la surconsommation générée par la mesure, en fonction des modèles de véhicules.
- La F.F.M.C (Fédération Française des Motards en Colère) estime entre plus de 0.9% et 1.7% la surconsommation générée par la mesure.

Ce sont donc entre 600 millions de litres et 700 millions de litres qui seront consommés en plus de la consommation actuelle.
En équivalent / tonne CO2 rejeté dans l'atmosphère, cela correspond entre 650.000 tonnes de CO2 et 750.000 tonnes de CO2 qui seront rejetées dans l'atmosphère, qui participeront à l'élévation de la température terrestre avant d'être en partie absorbées par les fonds marins par le biais des puits de carbone. Cela participera par conséquent à l'élévation de la température des océans déjà très problématique, donc à leur dilatation déjà fortement commencée, et par voie de conséquence à l'augmentation des fortes perturbations, raz-de marée, élévation du niveau des mers.

En terme de déchets, il faut savoir que cette mesure amènera l'automobiliste à changer ses ampoules 2 à 3 fois par an. Sachant qu'il y a environ 40 millions de véhicules en France (chiffre à confirmer), et si l'on se base sur 2 changements d'ampoules par an, et qu'un changement concerne 2 ampoules à l'avant et 2 ampoules à l'arrière, soit 4 ampoules au total / changement , on obtient le calcul et résultat suivant :

4 ampoules x 2 changements/an x 40 millions de véhicules = 320 millions d'ampoules.

Or en 2004, seuls les déchets mono composites, c'est-à-dire composés d'une seule et unique matière, ou les déchets multi composites mais dont on peut facilement séparer les composants afin de ne retrouver que des mono composites sont totalement recyclables.
Ce qui n'est absolument pas le cas des ampoules, quel qu'en soit le type ou la nomenclature.
Par conséquent les ampoules usagées prendront le chemin des incinérateurs, générant des déchets ultimes de combustion non recyclables à ce jour, faisant l'objet de procédures d'enfouissement très onéreuses, ainsi que des tonnes de CO2 dues à la combustion elle-même.

Cette loi, en plus d'être extrêmement dangereuse pour la sécurité des deux roues et des piétons, est une aberration pour l'environnement.
La France a été l'une des premières nations à ratifier le protocole de KIOTO sur la limitation des gaz à effet de serre.
Elle vient de jouer un rôle essentiel dans le cadre de la communauté européenne pour décider les russes à ratifier ce même protocole.
Alors, serait-ce la politique du cordonnier le plus mal chaussé ? Du " faites ce que je dis mais pas ce que je fais " ?
Mr de Robien a t il oublié que notre président, Jacques Chirac, a eu un discours dur et intransigeant (et il a eu raison) lors du sommet de Johannesburg pour les pays qui ne faisaient pas d'efforts, et qui avaient signé ?
Le droit à une illusion de sécurité doit il générer le droit à polluer davantage ?

- A l'heure où toutes études, dans le monde entier, s'accordent à dire que le pétrole est une matière première qui aura disparu d'ici 70 ans (y compris les études faites par les pétroliers);
- A l'heure où les organismes d'état, comme l'A.D.E.M.E, les D.R.I.R.E (Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement), les associations professionnelles en environnement font tout pour inciter la population à se diriger vers les énergies alternatives et les énergies renouvelables y compris dans les transports, et en versant des aides incitatives;
- A l'heure où les constructeurs d'automobiles français et mondiaux sortent de série des véhicules propres, hybrides ou à forte potentialité anti pollution (Voir le dernier Mondial de l'automobile avec la Prius, la C3…);
- A l'heure où de plus en plus de collectivités locales et territoriales achètent des véhicules électriques, G.P.L, des bus roulant au végétal (ce qui est le cas de Nantes et des communes avoisinantes, par exemple);
- A l'heure où l'Education Nationale rend obligatoire les contenus environnementaux ainsi que des actions d'éducation à l'environnement, de développement durable et d'éco citoyenneté de la petite école au lycée;
Et bien Monsieur de Robien nous incite à polluer plus pour pouvoir tuer plus de monde, à la fois parce que l'éclairage systématique de jour va générer plus d'accidents, mais aussi par ce que l'excès de pollution engendre l'excès de mortalité. (N'oublions pas que 80% de la population française est concentrée sur 20% du territoire, soit les grandes et moyennes agglomérations).

En terme de mortalité due à la pollution, de très récentes études dont toutes les chaînes de télévision se sont fait l'écho avec des reportages et des interviews à l'appui, montrent qu'un fort pourcentage de décès dans différentes tranches d'âges en agglomération est dû à la pollution atmosphérique et aux gaz d'échappement.
La pollution urbaine et les gaz d'échappement représentent également la première cause de maladies pulmonaires, d'allergies diverses nécessitant des traitements plus ou moins lourds chez les nourrissons et les jeunes enfants, toujours dans les agglomérations où est concentrée la majeure partie de la population. (De par la taille des enfants et la hauteur des poussettes / à la hauteurs des pots d'échappement, entre autres).

Alors faut il en rajouter ?...
Quel intérêt ce ministre a t-il à jouer avec la vie et la santé de la population ?
N'y a-t-il pas d'autres solutions que celle-ci, pouvant être sans peine mieux réfléchie, plus consultative, et par conséquent plus efficace ?

Joseph
Scientifique Environnement.


Reportage "Chauffards sur deux-roues" sur M6

(Initialement publié le 14/10/2004)

Une émission de propagande - Des propos d'une extrême gravité
Compte rendu de l'émission de M 6 "Zone Interdite" du dimanche 10 octobre 2004

Cette émission n'est qu'une vulgaire propagande faite sur mesure pour soutenir l'action d'un ministre (bel exemple d'indépendance de la part d'une chaîne de télévision privée !). Elle ne mériterait pas une ligne, si un des intervenants n'avait tenu des propos dépassant largement les limites du tolérable.

La propagande commence dès le titre racoleur : " Les nouveaux hors la loi de la route " (pourquoi nouveaux ?).
L'émission est composée de quatre mauvais reportages. Celui qui nous intéresse s'intitule finement : " Chauffards sur deux-roues ".

Présentation du reportage par Bernard de la Villardière: " Les motards sont les premières victimes de l'insécurité routière mais pourtant ils se croient bien souvent tout permis ".
Le reportage est signé Jérémie de Sampigny, Jean-Baptiste Leblanc et Jérémie Drieu.

Celui-ci commence par les images d'un rassemblement de la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère), émaillé de réflexions choisies et hors contexte, de quelques motards : " les limitations de vitesse, moi je ne les respecte jamais ". Le bon sens nous est représenté par un automobiliste âgé qui nous livre son point de vue sur les motards : " Ils font chier, ils conduisent n'importe comment ".

Une phrase creuse mais dévalorisante pour les motards sert de transition : " Paradoxe, accusés de conduire dangereusement, ils dénoncent la répression du gouvernement à leur encontre ".

" Pour comprendre ", la séquence suivante présente un motard comme étant membre de la FFMC. C'est un coursier indépendant à Paris, motard depuis l'âge de 12 ans ( ???). Je doute que beaucoup de motards reconnaissent leur conduite dans celle de cette profession, surtout à Paris ! Une caméra le suit et le commentateur dénonce "les multiples infractions" du motard. Puis, grâce à une caméra embarquée sur la moto, on nous annonce que le motard est à plus de 160 km/h sur la voie sur berge. Bien entendu la caméra ne montre pas l'indicateur de vitesse et les images démentent une telle allure. Si ce motard commettait réellement autant d'imprudences graves, l'auditeur pourrait se demander comment il se fait qu'il soit toujours en vie.

Le reportage insiste à de multiples reprises, et de manière suspecte, sur une impunité supposée des deux roues motorisés " Ils ne respectent pas les limitations de vitesse et pour cause, les motos n'ont pas de plaque minéralogique à l'avant ".

Séquence suivante, un motard blessé après une collision avec un taxi. La parole est donnée d'abord au chauffeur du taxi, puis au motard. Mais comme le mot de la fin ne doit pas revenir au motard, le commentateur déclare : " Mais le chauffeur de taxi met en cause la vitesse des deux-roues " et redonne la parole au chauffeur : " Je crois qu'il roulait trop vite ", " ils conduisent trop vite donc, forcément, cela dérape quelque part ".
Le commentateur avec ingénuité nous assène la seule vérité de ce reportage : " une hécatombe que la répression routière peine à enrayer ". De fait, une politique axée exclusivement sur des radars automatiques à peu de chance d'améliorer la sécurité des deux-roues.

Séquence facile : des ados en scooter. Constat des prises de risques et de l'impuissance de la police à enrayer ce phénomène. Sur les causes de ces runs, sur les solutions, sur l'éducation, pas un mot. Dommage, car ce sujet est grave et important pour la société. Il est vrai que traiter ce problème serait un travail de journaliste…

Et pour clore le sujet, une déclaration du commandant Desvernois de la CRS autoroutière sud Ile de France : " Nous avons sur notre axe à peu près 2-3 % de motocyclistes qui circulent, et ces motocyclistes sont impliqués dans 30 % des accidents corporels, souvent très graves. Donc ces proportions sont absolument inadmissibles Sans pour autant entrer dans le débat de savoir si ils sont auteurs ou simplement victimes de l'accident, nous, on constate qu'ils sont toujours blessés dans l'accident et c'est sur ce qu'il faut lutter en priorité ".
Même si la logique est absurde, (si un char d'assaut écrasait toutes les voitures sur une autoroute, en constatant que les automobilistes sont quelque peu aplatis, on en conclurait que ceux-ci ont forcément commis des imprudences), ce CRS est le seul qui ait l'honnêteté d'évoquer le fond du problème de l'accidentologie des motos.

Phrase de conclusion du commentateur : " Les conducteurs de deux roues, toujours plus nombreux, sont trop souvent victimes de leurs propres imprudences ".

Sur le plateau, discussion entre gens distingués :
- de Villardière (présentateur)
- de Robien (ministre)
- Denormandie (chirurgien)

De Villardière assume mollement le fait qu'il soit motard, quant à de Robien il nous offre le seul sourire de cette triste émission : " Ben j'suis motard… Euh oui … Modérément ".

de Robien :

" C'est vrai qu'il y a beaucoup de motards qui ont le sentiment d'impunité, qui estiment que les règles sont faites pour les autres et qui donc ne se mettent pas dans cette nouvelle culture de la route apaisée ".
Sans commentaire.

" Il faut comprendre pourquoi s'que en France il y a deux fois plus de risque d'être tué qu'en Allemagne […] Ca veut dire que les motards français, ou des motards français, n'ont pas compris qu'il fallait se mettre à respecter les autres et le cas échéant pour se sauver la vie soit même. […] Parce qu'ils ne respectent pas comme en Allemagne le code de la route et que beaucoup font n'importe quoi ".
A retenir : tous les motards n'ont jamais respecté les autres et que la majorité " font n'importe quoi ". Discours purement diffamatoire.
En Allemagne, les automobilistes sont majoritairement très respectueux du code de la route et des règles de civilité, c'est peut-être une raison à cette différence (différence à vérifier) du nombre d'accidents de motos.

Concernant l'allumage des feux de jour : " Certains motards sont opposés à ça […], mais […] on a le droit aussi de protéger les automobilistes, le cas échéant, des motards. C'est à dire un motard verra mieux une automobile et se percutera moins facilement dans une automobile ".
Donc se sont les automobilistes qui sont les usagers fragiles et les motards qui sont aveugles, tout cela est affirmé sans rire.

Mais tout ce qui précède était très peu grave par rapport aux dérapages de plus en plus délirant de Philippe Denormandie, chirurgien à l'hôpital de Garches, responsable Mission Handicap APHP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris).

de Villardière : " Quand ils [les motards accidentés] arrivent [à l'hôpital] […], mais les familles, les amis motards qui viennent les voir, est-ce que ça leur sert de leçon ; entre guillemets ?" (Sous-entendu, si ils sont à l'hôpital, c'est de leur faute).

Denormandie :
" On n'a pas l'impression que ça sert de leçon ".
Et d'expliquer qu'ils repartent à moto au lieu de prendre une automobile ( !).

Et de continuer : " J'crois qu'il y a vraiment une notion d'impunité qui existe, euh… avec une notion de liberté qui fait que tout est permis ".

Le dérapage s'accélère : " C'est une drogue [la moto], il y a une notion de drogue ".

De plus en plus grave : " Il faudrait aussi insister également sur un point. Parce que il y a les motards qui sont victimes de leurs accidents et puis il y a les motards qui créent des victimes et qui renversent les gens ".
Il y a donc deux catégories de motards, ceux qui se tuent et ceux qui tuent les autres.

Puis il passe aux injures :
" Il faut quand même à un moment se dire que les gens dont les comportements anormaux et scandaleux entraînent des ruptures de vie absolument majeures ".
Pas une précaution, pas une limitation, il parle toujours des motards dans leur globalité.

Et maintenant, on atteint l'intolérable :
" Il faut que les motards jouent le jeu. Ils ne peuvent pas venir nous voir et demander à la société de mettre en place des dispositifs extraordinaires pour qu'on les prennent en charge, pour qu'on les opèrent correctement, qu'on les guérissent, qu'on les rééduquent et en même temps considérer qu'ils n'ont eux aucun devoir vis à vis de la collectivité ".
Doit on comprendre qu'un motard qui paye ses impôts, sa sécurité sociale, sa mutuelle, son assurance ; qui de plus n'est pas responsable de son accident dans 65 à 75 % des cas, ne devrait pas être soigné ?
Qu'il serait normal de laisser mourir faute de soin un blessé sur le bord de la route ?
De quiconque, de tels propos seraient absolument inadmissibles, mais d'un chirurgien ! C'est inqualifiable !

Ce qui est atterrant, c'est que Bernard de la Villardière, responsable de l'émission n'a eu aucune réaction. Pire, Gilles de Robien, ministre de la république, qui devrait être au service des citoyens et de tous les citoyens, n'a pas plus bronché. De là à penser qu'ils étaient complices…
L'exclamation lyrique et servile de Denormandie envers de Robien : " Merci au gouvernement sur tout ce que vous avez fait, euh… sur la répression ", semble le confirmer.

Et Denormandie achève par un nouveau délire :
" Il faut probablement qu'on réfléchisse sur des modes de prise en charge notamment sur la prévention, sur des thérapeuties [néologisme ou ignorance ?] un peu nouvelles et un peu…, thérapeuties de groupe par exemple. Je trouve que quand on voit le nombre de motards, ou de gens, ou de chauffards, qui sont sources d'accidents qu'on a dans nos structures hospitalières, on les soigne et on ne fait…, et on a aucun temps, éventuellement collectif, entre victimes et agresseurs ; entre guillemets ".
Donc, nous sommes des chauffards, des agresseurs et nous avons besoin d'une thérapie. De là à prétendre que les motards sont des aliénés, le pas sera facile à franchir.

En tant que motard j'éprouve un sentiment de révolte devant l'injustice des propos mais aussi de tristesse en voyant que trois personnes peuvent ainsi salir l'image des journalistes, des politiques et des médecins.

Gilles
Consultant en accidentologie
des deux-roues motorisés

mardi 15 avril 2008

Allumage des feux de jour

(Initialement publié le 20/09/2004 - Maj en fin d'article)


une expérimentation dangereuse !

Réfutation de l'argumentation gouvernementale

Le ministère des transports justifie cette décision grave de conséquences par une argumentation fallacieuse, à laquelle il est facile de répondre :

1. L'allumage des feux de jour est " à l'ordre du jour des programmes de sécurité routière ".
Réponse : Une proposition dans ce sens a effectivement été faite auprès de la Commission Européenne en 2002, mais par l'industrie automobile ! l'enjeu en consommables (lampes, par exemple) est loin d'être négligeable.

2. Des études et des experts sont unanimes pour vanter l'efficacité de cette mesure.
Réponse : Quelles études ? Quels experts ? Sont-ils indépendants (du ministère des transports et de l'industrie automobiles) ?

3. Des pays ont déjà adopté l'allumage des feux de jour.
Réponse : Ces pays sont, soit situés dans des régions aux conditions climatiques et de luminosité n'ayant rien à voir avec la France, et où les motos ne peuvent rouler qu'une partie de l'année (Suède, Finlande, Norvège…) ; soit des pays n'offrant aucune comparaison avec la densité et les conditions de circulation en France et où les deux-roues motorisés sont quasi inexistants (Hongrie, Slovénie). Quant à l'Italie, ce n'est pas parce qu'un pays prend une mauvaise décision que la France doit en faire autant !

4. L'expérimentation menée dans le départements des Landes a été évaluée favorablement par un chercheur de l'INRETS (Institut National de REcherche sur les Transports et leur Sécurité).
Réponse : Mensonge ! La conclusion de l'auteur du rapport de l'INRETS était loin d'être enthousiasme. Il reconnaît lui-même que la faiblesse de l'échantillon rend : " La validité des résultats questionnable ". Le département des Landes n'a pas vu de baisse spectaculaire des accidents, certains départements ont même fait mieux. En plus d'autres éléments peuvent expliquer la baisse des accidents dans ce département tels les aménagements routiers sur les voies concernées par l'expérimentation.

5. Les " études disponibles " ont conclu à des effets positifs sur les usagers vulnérables (motocyclistes, cyclistes, piétons).
Réponse : Il doit être fait allusion aux études faites par les instituts Hollandais SWOW et TNO. Ces " études " sont loin d'être convaincantes, ce sont des compilations d'articles et des tests réalisés avec des photos simplistes sur des écrans d'ordinateur, ce qui n'a rien à voir avec la circulation réelle.

6. L'effet des feux de jour sur les accidents est un phénomène complexe.
Réponse : Traduire, ne cherchez pas à comprendre, c'est trop compliqué pour vous. Seul un ministre ou des experts ont la compétence.

7. Les motos n'ont pas besoin d'être reconnues mais d'être vues et de voir les autres véhicules
Réponse : Etre vu c'est très bien, mais être reconnu comme moto, avec ses caractéristiques (équilibre sur 2-roues, freinage délicat…), c'est encore mieux. Cet argument est typique d'une personne ne connaissant rien aux spécificités du deux-roues. Le ministre de Robien a déclaré (sur France-Inter, le 13 juillet dernier) : " Beaucoup de motards se plantent dans des voitures parce qu'ils ne les voient pas et le fait qu'elles soient en feux de croisement les identifient beaucoup mieux ". Cette déclaration absurde (et contraire aux études de l'INRETS), provocatrice et cynique est incompatible avec le respect qu'un ministre doit aux citoyens qu'il est sensé servir. A moins que de Robien croit à ce qu'il dit, auquel cas, ses compétences sont très au-dessous de ses prétentions.

8." Les inconvénients liés à l'augmentation de consommation des carburants (coût et pollution) ainsi qu'au changement plus fréquents des lampes sont considérés comme faibles en comparaison des avantages ".
Réponse : Il y a quelques mois, le ministre de Robien déclarait sur France-Inter, que l'été 2004 serait plus chaud que l'été caniculaire de 2003 ! (vous avez dit compétence ?). La situation est dramatique et les responsables : les automobiles. La solution : une taxe sur les 4x4 ! (nous sommes parfaitement capables de comprendre que ce genre de taxe aura une grande facilité à s'étendre progressivement à tous les autres véhicules).
Deux mois plus tard, le même ministre prend la décision d'une expérimentation qui aura pour effet d'augmenter la consommation de carburant de 0.9 à 1.7 % (source ADEME -Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), mais là il ne s'agit que " d'un faible inconvénient ". L'usager, qui tient à sa santé et n'a pas un porte-monnaie extensible, ne considérera pas cela comme un " faible inconvénient " !


Le gain en vie humaine annoncé par le gouvernement

Comme d'habitude le ministre et les experts avancent n'importe quel chiffre en fonction des besoins du moment. De Robien a parlé à un moment de 40 vies sauvées. Maintenant il s'agirait de 5 à 8 % de diminution des morts (soit entre 286 et 458 morts en moins).

Quant à la formule avancée par l'institut SWOW : 0,00331 x (degré de latitude) 2,329 = nombre de vies théoriquement épargnées par l'allumage des feux de jour ; son caractère grotesque apparaît dès que l'on réfléchit à la somme d'expériences, d'observations et de statistiques qu'il aurait fallu compiler pour une formule qui ne s'appliquerait que sur un secteur géographique déterminé (comparez le climat entre les villes de Québec et de la Rochelle ou entre les côtes Atlantique et Méditerranéenne de l'Espagne).

Inadmissible ! Le calcul d'un cynisme intolérable, qui pouvait se déduire de propos tenus par le ministre et qui a été confirmé oralement et à titre privé par un de ses seconds couteaux : une augmentation des morts chez les usagers les plus vulnérables serait largement compensée par un moins grand nombre de morts chez les automobilistes.


Quels sont les vrais motifs expliquant cette expérimentation ?

Il y en a trois facilement identifiables :

1. une opération de communication du ministère, avec comme message : " Vous voyez, nous faisons toujours quelque chose ".
2. Une bonne opération pour les caisses de l'état, en récupérant les taxes sur les carburants du surcroît de consommation des véhicules. Et cela ne représente pas de petites sommes !
3. Si l'industrie automobile fait le forcing depuis des années pour obtenir l'obligation de rouler avec les feux de jour, il serait naïf de penser que c'est par grandeur d'âme. Le gouvernement offre un gros marché à ce lobby en espérant bien en retirer un bénéfice, ne serais-ce que par le biais de la TVA.


Quels sont les dangers provoqués par l'allumage des feux de jour ?

La perception et l'identification de son environnement est la base de la conduite. L'introduction de l'allumage des feux le jour entraînera des dangers multiples. Dangers complexes, non pas dans leur compréhension, mais dans leurs évaluations. Les feux de jour pourront intervenir comme cause principale, mais plus souvent comme facteur associé. Dans tous les cas, ce facteur sera difficile à mettre en évidence.
Comme peu ou pas d'études ont été faites sur chacun de ces risques, leurs impacts pourront être plus ou moins importants ; nous n'en savons rien.
Cette liste n'est pas forcément exhaustive. D'autres circonstances accidentogènes pourraient se révéler avec le temps.

1. Fatigue oculaire sur les long trajets, dû aux feux mal réglés (véhicule trop chargés, par exemple). Cela entraînera une baisse de la vigilance et une augmentation du temps de réaction. (Il est très probable que les automobilistes figurent en bonne part comme victimes de cette expérimentation).

2. Non perception ou perception retardée d'un danger situé immédiatement après le croisement d'un véhicule aux feux éblouissants (un piéton qui traverserait la chaussée, par exemple)..

3. Phénomène de compensation comparable a celui provoqué par l'ABS. Certains conducteurs ayant la sensation d'être automatiquement perçus, négligeront les mesures de précautions à l'approche d'un danger (ralentissement à l'abord d'une intersection, par exemple).

4. Non identification d'un deux-roues motorisé, voir non-perception de celui-ci si il est situé dans un flux automobile.

5. Le conducteur s'habituera très rapidement à identifier principalement un véhicule par ses feux. Un véhicule roulant feux éteint court le risque de devenir " invisible ". Par le même phénomène, un véhicule feux éteint pourrait devenir très dangereux, particulièrement pour les piétons.

6. Non perception ou perception retardée des véhicules circulant normalement feux éteints (Cyclomoteurs et vélos). Risque majeur pour les piétons.

7. Non différenciation des véhicules de secours d'urgence obligés de rouler à grande vitesse, les phares allumés se percevant avant les gyrophares (les sirènes sont peu audibles à grande distance sur route et en ville, il est très difficile d'apprécier la provenance du son).

8. Difficulté de percevoir les indicateurs de changement de direction d'un véhicule venant de face ; difficulté de percevoir les feux stop d'un véhicule qui précède.


Conclusion

Le domaine de la sécurité routière n'est pas un terrain de jeu où l'on peut se livrer à des expérimentations dangereuses, dans l'espoir que cela pourra générer des profits sans qu'il y ait trop de pertes en vie humaine.

Depuis de très nombreuses années, la plupart des ministres des transports, de droite comme de gauche, ont présenté les pilotes de deux-roues motorisés comme des inconscients à tendance suicidaire.
Montrons leur que nous aimons la vie et que nous la respectons.
Montrons leur que nous sommes prêt à défendre notre vie, celle de nos copains mais également celles de tout nos concitoyens menacés, qu'ils soient cyclistes, piétons ou automobilistes.

Non à l'allumage des feux de jour - Oui au respect de la réglementation existante.



Gilles
Consultant en accidentologie
des deux-roues motorisés

Note du 15 avril 2008
Les feux de jours ont été abandonné grâce à l'importante mobilisation des motards, sous l'impulsion de la FFMC.
Malheureusement, le lobbying des équipementiers automobile va nous imposer des feux dédiés, allumés en permanence, et ce probablement au niveau mondial.
Donc, affaire à suivre, soyons vigilants...

Requiem pour les IDSR

(Initialement publié le 06/09/2004 )

Un très mauvais coup porté à la connaissance des accidents



Qu'était un IDSR ?

Les IDSR (Inspecteurs Départementaux de Sécurité Routière) étaient des bénévoles oeuvrant pour la sécurité routière au sein d'un programme (le programme REAGIR). Celui-ci était né d'une volonté politique visant à améliorer la connaissance des accidents.

Après avoir reçu une formation de 3 jours, leurs rôles étaient :
- D'initier ou de participer à des actions de sécurité routière
- D'analyser toutes les causes intervenant dans des accidents de la route et de proposer des solutions concrètes pour éviter d'autres accidents.

Ces IDSR venaient de l'administration (police, gendarmerie, DDE, sapeurs-pompiers…), mais aussi d'associations et même du secteur privé (assureurs, auto-écoles…).

Concernant le volet accidentologie ce programme à fonctionné plus ou moins bien selon la volonté des préfectures. Certaines mandatant de nombreuses enquêtes, d'autres les négligeant. Mais les IDSR, eux, ont toujours fait leur travail, avec plus ou moins de professionnalisme certes, mais dans l'immense majorité avec un grand sérieux et une parfaite honnêteté.
Leur bilan ne peut pas être remis en cause, des milliers de propositions ont été faites et de nombreuses (particulièrement au niveau de l'infrastructure et des actions de prévention) ont été concrétisé. Dans leurs enquêtes ils allaient toujours plus loin que ne pouvait le faire la police ou la gendarmerie dans le cadre restreint d'un Procès-Verbal. Ils (particulièrement les IDSR travaillant dans le privé) ont rogné sur leur temps libre et leurs congés pour exécuter ces enquêtes.

Un coup de poignard dans le dos :

En 2002, le rapport du préfet Régis Guyot insistait à plusieurs reprises sur la recherche en accidentologie et tout particulièrement en ce qui concerne les deux-roues motorisés :

" Un vigoureux effort de recherche est indispensable Il doit porter sur l'accidentologie, les véhicules et les équipements de protection, l'infrastructure, les comportements ".

" Tout progrès passe par le développement méthodique de la connaissance de l'accidentologie.
La recherche, publique comme privée, s'est plus intéressée à l'automobile qu'aux deux-roues motorisés, […]. On est ainsi en présence d'un paradoxe : ce sont les véhicules les plus vulnérables qui font l'objet du moindre effort de recherche ".

Nous pouvions donc nous attendre à un coup d'accélérateur sur le nombre d'enquêtes réalisées par les IDSR.
C'est donc avec stupéfaction et consternation qu'en début d'année nous avons appris notre disparition dès le 30 juin 2004.

Langue de bois : " les nouvelles orientations de la politique locale "

Dans un style lyrique et dans un document de 32 pages format " power point " un grandiose projet nous a été dévoilé : Mobilisation et Professionnalisation !

Mobilisation :
Les ex-IDSR qui " adhéreront au programme de mobilisation seront :
- Orientés vers des associations sélectionnées par la préfecture
- Mobilisés pour des actions proposées par la préfecture
- Et si ils ont un projet, ils seront dirigés vers une nouveauté : la maison de la sécurité routière.

La maison de la Sécurité routière est un lieu que l'on imagine cossu,car il comprendra un lieu d'accueil, des salles de réunion, un lieu de consultation de documents et " si possible " (et sans rire) un lieu de restauration !
Elle sera tenue par deux équivalents temps plein pour l'animation, dont un animateur permanent (pas de précision sur le cuisinier et les serveurs…).
Soit le gouvernement a décidé de jeter l'argent (facilement gagné par les radars automatiques) par la fenêtre, soit, cette dépense somptuaire restera à l'état de promesse.
Sachant qu'il y a quelques années, la préfecture de Loire-Atlantique a refusé ma demande d'acquérir un ouvrage d'une valeur d'un quinzaine d'euros, arguant un manque de crédit, je penche pour la seconde alternative.

Professionnalisation :
Les IDSR seront remplacés par des " professionnels "
Ils seront rémunérés.
Ils seront issus de l'administration : police, gendarmerie, DDE et désignés ( !) par leur chef de service.
Ils feront 3 à 4 enquêtes par an
Pour devenir " professionnels ", ils recevront une formation de … 3 jours ! La même durée que celle des anciens IDSR

Ont leur adjoindra :
Des psychologues (recrutés où ? Payés sur quelle base ?)
Des Médecins
Des experts automobiles (ce ne peut pas être des experts judiciaires car ils ne sont pas assez nombreux, alors, des experts d'assurances pour chiffrer les dommages ?)
Un contrôle des enquêtes se fera : " sur atteinte des objectifs ". Ce qui est inquiétant.

Les motivations du gouvernement

Il est difficile de comprendre les motifs qui ont conduit le ministre de Robien à saborder une structure qui fonctionnait et avait prouvé son efficacité.
L'usine à gaz technocratique sensée remplacer le programme réagir, indique une idée force : une main mise complète sur la sécurité routière.
La société civile est totalement écartée au profit de l'administration. C'est le préfet qui décide de tout : les actions, les enjeux, les association " amies ", l'utilisation de l'argent, les enquêtes.
Les enquêteurs n'ont aucune liberté. J'imagine mal un policier, sous contrôle de sa hiérarchie et du préfet, critiquer le procès verbal d'un collègue. Un enquêteur de la DDE ne pourra pas plus mettre en cause une infrastructure accidentogène.

Conclusion

L'argument avancé pour écarter les IDSR est : ils n'ont pas la compétence requise en physique et donc ils doivent être remplacés par des " professionnels " spécialistes. C'est à dire, des gendarmes désignés et devenant experts en 3 jours !

Incompétence, voilà le prétexte utilisé par le ministre de Robien pour se débarrasser des centaines de bénévoles, qui ont donné à la société leur temps et leur intelligence.
Que masque l'arrogance de ce ministre ? Probablement le désir que son discours simpliste sur l'accidentologie, avec la seule répression comme remède, ne souffre d'aucune voix discordante.

Inspecteurs Départementaux de Sécurité Routière, non, vous n'avez pas démérités !

Gilles
Consultant en accidentologie
des deux-roues motorisés
Ex-IDSR